Le marché de la tech en 2026 est en pleine mutation. Entre la démocratisation massive de l’IA et un marché de l’emploi devenu ultra-sélectif pour les profils débutants, une question brûle les lèvres de tous les recruteurs : que vaut encore un junior face à une clé API ? Pour y répondre, nous avons rencontré Alexis Dezeque, un développeur formé chez Epitech (web@cademy) au parcours atypique, qui refuse de se laisser enfermer dans le rôle du simple « exécutant de code ». De ses débuts dans le commerce à sa maîtrise des agents IA, Alexis nous livre une vision systémique du métier : la vision produit IT. Là où certains voient une menace, lui y voit l’opportunité pour les juniors de devenir les véritables architectes de solutions de demain.
Un parcours hybride : du commerce à la web@cademy.
Alexis Dezeque : « A la base, j’ai fait une formation de commerce. Puis je me suis orienté dans la tech quelques années après avoir enchaîné les petits boulots. »
Après un passage par BTech, il intègre le programme intensif d’Epitech. Ce qui l’a fait vibrer ? « J’ai vraiment adoré le fait de pouvoir créer juste avec un clavier et une souris. »
Ce virage n’est pas qu’un changement de techno, c’est une mutation d’état d’esprit. Alexis a vite compris que ses compétences en relation client et en gestion de projet, acquises pendant ses études de commerce, étaient ses meilleures armes pour constituer la vision du produit IT.
De codeur à architecte d’agents : l’IA comme infrastructure locale.
Oubliez l’image du junior qui attend passivement que ChatGPT lui ponde une fonction . Alexis a une approche beaucoup plus structurelle : il utilise Antigravity pour orchestrer ses propres réseaux d’agents en local .
Ce n’est plus une simple discussion, c’est une ingénierie du contexte :
- Une architecture de fichiers Markdown : il structure ses instructions et ses dossiers pour encadrer l’IA .
- La fin de l’hallucination par le cadre : en imposant des conventions strictes et une architecture définie en amont, il s’assure que l’IA ne « décide » rien seule .
- Le mode « professeur » : pour monter en compétence, il configure ses modèles (comme Codex) pour qu’ils ne lui donnent pas la solution brute, mais l’obligent à expliquer la logique avant d’avancer .
« C’est vrai que le fait de pouvoir créer en local tes propres réseaux d’agents qui après communiquent directement avec Gemini ça m’a vraiment fait gagner en productivité. »
Pour lui, l’IA n’est pas une béquille, c’est un collab qu’il faut savoir manager avec une rigueur de CTO . Il ne délègue jamais la logique métier pure ni les fonctionnalités complexes, préférant utiliser les modèles pour automatiser les tâches génériques et se concentrer sur la valeur ajoutée du produit.
La fin du « bouffeur de code ».
Selon Alexis, les compétences traditionnelles s’effacent au profit d’une vision plus globale. « Le bouffeur de code ne va plus être utile parce qu’aujourd’hui juste avec une clé API on l’a. »
Désormais, la valeur ajoutée réside dans :
- L’architecture logicielle (choisir des structures scalables comme le MVC).
- La logique métier et la compréhension profonde du besoin client.
- La vision produit IT : « Un développeur de demain va être un architecte en solution. »
Sécurité et Green IT : les nouveaux piliers.
Sur la sécurité, Alexis est catégorique : il faut s’entourer. Ayant déjà travaillé sur un SaaS immobilier complexe, il a appris l’importance de la souveraineté des données et de la conformité RGPD. « Si on n’est pas entouré de quelqu’un, je pense que c’est un casse-tête et c’est un puits sans fond. »
Quant au Green IT, c’est un sujet qui émerge. « C’est quelque chose sur lequel je vais forcément devoir me placer dans un futur très proche. » Pour lui, cela va de pair avec une spécialisation en DevOps, un secteur où les besoins en infrastructures propres et optimisées sont croissants.
L’expérience utilisateur est au cœur de la démarche.
Ce qui frappe chez Alexis, c’est son portfolio. Loin des listes GitHub austères, il a conçu un véritable produit interactif sur le thème de l’espace.
« On ne crée pas un produit par rapport à ce qu’il contient, mais on pense un produit en fonction de la manière dont l’utilisateur va se servir. Si le produit n’ est pas agréable, il aura beau avoir plein de fonctionnalités, il ne sera pas utilisé. »
Son message aux recruteurs.
Le marché est tendu, « lent » et les entreprises sont réticentes à l’idée de prendre des juniors. Pourtant, le profil d’Alexis montre qu’un junior en 2026 n’est pas un poids, mais un accélérateur de productivité capable de piloter des agents IA tout en gardant une vision stratégique.
« Je suis transparent sur le fait que j’utilise de l’IA. Elle me fournit le code mais je reste le cerveau. »
Vous cherchez un profil polyvalent, capable de jongler entre NextJs, NestJs et une vision produit entrepreneuriale ? Alexis est actuellement à l’écoute d’opportunités en freelance ou en CDI dans des structures agiles (Start-up, PME).
FAQ : recruter et travailler avec un développeur « IA-Augmented ».
L’usage de l’IA par un junior est-il un risque pour la qualité du code ?
Non, si le développeur impose des conventions strictes. Alexis utilise l’IA pour les fonctions génériques mais garde la main sur la logique métier pure. D’ailleurs, il y a un article sur welovedevs pour défendre et justifier l’utilisation de l’IA auprès d’un recruteur lors d’un entretien. 👉 Vous pouvez le lire ici.
Quelles sont les technos privilégiées pour un déploiement rapide en 2026 ?
Alexis recommande la stack NextJs (Front) et NestJs (Back), notamment pour leur capacité à être déployées rapidement via des outils comme Vercel.
Pourquoi privilégier un junior polyvalent plutôt qu’un pur technicien ?
Parce que le métier change. Un profil capable de prendre en compte la vision produit IT (product design), de la communication client et du dev est beaucoup plus rentable pour une PME qu’un exécutant siloté.


