Tout a commencé en 2012, dans un contexte où les smartphones Android commençaient à exploser. Nicolas, alors étudiant en informatique, travaillait sur un projet d’études : une application pour s’orienter dans le réseau de bus de la ville d’Amiens. Entre les bugs à gogo d’Android Studio et les nuits blanches à coder, une idée germe : créer un espace pour partager les galères (et les joies) du développement, avec humour. C’est ainsi qu’est né “Les Joies du Code” (LJDC), d’abord sous la forme d’un Tumblr dédié aux GIFs réactionnels. “Au début, c’était juste pour rigoler avec mes potes de fac. On était à 30 visites par jour… et puis du jour au lendemain, ça a explosé à 10 000 visites !” raconte Nicolas. Le nom, ironique et évocateur, a immédiatement séduit : “Le côté “joies” pour le fait qu’on pète souvent un câble en codant.”
Rapidement, le blog devient viral. La presse en parle, Nicolas reçoit des centaines de mails de visiteurs proposant des contenus, il est sollicité par les entreprises pour monter des partenariats. En réponse à ce buzz, Nicolas industrialise le projet : il ouvre un formulaire pour recevoir les idées de la communauté, et LJDC devient bien plus qu’un simple blog : une référence pour les développeurs.
Après avoir géré le site en parallèle de sa carrière professionnelle pendant plusieurs années, Nicolas a franchi le pas il y a maintenant 5 ans en se lançant dans l’aventure des Joies du Code à 100%.
Avec 320 000 abonnés sur les réseaux et une audience ultra-engagée, Nicolas a dû développer une routine de veille ultra-efficace pour alimenter LJDC en contenus pertinents.
➡️ Des outils pour automatiser :
Nicolas utilise l’IA pour avoir un récap’ quotidien de l’actualité tech. “Je teste encore des améliorations, et je pense le partager prochainement pour montrer comment ça marche.”
➡️ Une veille 24/7 :
“Je suis toujours connecté. Le matin, l’après-midi, le soir, parfois la nuit… C’est le revers de la médaille quand on gère un média solo.”
Pour Nicolas, l’humour est un langage universel dans la tech. “Ça permet de dédramatiser, de se dire qu’on vit tous la même chose. Quand tu partages un contenu qui résume ta galère, les autres se reconnaissent et se disent : “Ah, je suis pas seul ! »
➡️ Fédérateur : L’humour évite les débats clivants (ex : Android vs. iOS). “Dès que tu pars sur du sérieux, ça peut partir en cacahuète. L’humour, lui, rassemble.”
➡️ Accessible : “Un meme ou un GIF, c’est immédiat. Pas besoin de lire un pavé pour comprendre l’émotion”.
➡️ Culture dev : “Les devs ont développé leur propre langage humoristique. Quand je vais à des événements, des gens me disent : “On partage tes memes dans nos canaux Slack !”
🎯 Le ton de LJDC : “On ne se prend pas la tête. Même dans les articles, j’intègre des GIFs, des memes, des phrases décalées… c’est ce qui parle à l’audience.”
Pour Nicolas, deux stéréotypes restent intemporels :
1️⃣ L’obsession du détail :
“Un dev, c’est quelqu’un d’exigeant, mais c’est aussi ce qui fait que les solutions tiennent debout. Si tu lui demandes de bricoler, il va te dire : “Non, il faut faire ça proprement.”
2️⃣ Le syndrome de l’imposteur :
“C’est le sujet qui revient le plus quand les devs me parlent de leur carrière : que tu sois junior ou senior, tu as toujours l’impression de ne pas être à la hauteur. Avec l’IA et ses nouveautés quotidiennes,ça s’amplifie. Les devs se demandent sans arrêt : “Est-ce que je suis encore à jour ?”
Nicolas assume une ligne claire : “On peut rire de tout… du moment qu’on rit avec la communauté, et pas contre elle.”
Exemple de sujet sensible : Une faille de sécurité majeure (comme Log4j). “En rigoler, ça aide à relativiser. Les devs savent que c’est grave, mais ça les aide à décompresser.”
En 14 ans, la communauté de LJDC a mûri :
➡️ 2012-2015 : Une audience jeune, en études ou en début de carrière.
➡️ 2020-2026 : “Aujourd’hui, la majorité des visiteurs ont mon âge. Beaucoup sont devenus devs seniors, experts en cybersécurité, spécialistes en IA, voire même CTO !”
➡️ Moins de débats stériles : “Avant, un post sur Android vs. iOS partait en guerre des commentaires. Maintenant, les devs sont plus softs.”
➡️ Plus d’exigence : “Ils veulent du contenu pointu, technique, mais toujours avec humour.”
➡️ Une communauté plus engagée : “Ils commentent plus, partagent plus, et me contactent directement pour proposer des idées.”
Nicolas a dû quitter Tumblr (racheté par Yahoo) pour éviter de perdre son audience. “J’ai tout migré vers un site auto-hébergé. Sur le coup, j’ai perdu du SEO, mais j’ai gagné en autonomie.”
Ses chiffres clés :
🚀 Prochaine étape : “Je veux monter une petite équipe de rédacteurs pour développer les articles longs, et pourquoi pas tester la vidéo (Twitch, YouTube).”
“C’est plus dur qu’avant, mais pas impossible. Voici ce que je recommande :
1️⃣ Trouve ta niche : “Ne cherche pas à plaire à tout le monde. Les devs sont une audience exigeante – il faut parler leur langage.”
2️⃣ Sois régulier : “Ne lâche pas après un mois. Faire marcher un média, ça exige de le faire vivre, et ça prend du temps.”
3️⃣ Reste authentique : “Les devs ont un détecteur à bullshit très développé. Si tu fais du contenu trop corporate, ça ne marchera pas.”
4️⃣ Ne dépend pas d’une seule plateforme : “J’ai failli tout perdre avec Tumblr. Aujourd’hui, je suis sur plein de réseaux, en plus de mon site évidemment.”
⚠️ À éviter : “Les likes ne veulent pas tout dire. Les devs ne likent pas forcément, mais ils lisent et reviennent.”
Nicolas ne cherche pas à « dompter » les algorithmes, mais à rester fidèle à son audience :
💡 Son astuce : “Un bon hook (accroche) marche toujours, quel que soit l’algo. Une image marrante ou un titre percutant, et les gens cliquent.”
Nicolas résume son parcours avec ce meme.
“Je me suis lancé à 100% sur LJDC au pire moment économique (Covid, pénurie de composants, guerres, crises…). Pourtant, ça tient encore aujourd’hui. Chaque fois qu’un nouveau problème arrive (budgets coupés, algorithmes changeants…), je me dis : “C’est bon, ça va le faire.” Et ça finit par passer.”
Nicolas a transformé un side project en média incontournable pour les développeurs.
Sa recette ?
✅ De l’humour pour désamorcer le stress du code.
✅ Une veille ultra-pointue pour rester pertinent.
✅ Une communauté engagée qui co-construit le contenu.
✅ De la résilience face aux crises et aux algorithmes capricieux.
💬 Son mot de la fin : “Si tu veux lancer un média tech, fais-le par passion. Parce que sinon, avec les montées et descentes, tu vas abandonner. Moi, je continue parce que j’aime ça… et parce que les devs ont besoin de rire !”
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