Pour Emmanuelle, Head of People chez HoppR, le rôle des RH va bien au-delà des politiques internes.
Son engagement ? Créer un impact durable, à la fois dans son entreprise et dans l’écosystème tech. Au quotidien, cela passe par l’écoute, la cohérence entre les actes et les paroles, et une implication active dans des initiatives comme Cloud Nord, l’événement lillois qui fait grandir la communauté tech locale.
Son credo : “La marque employeur ne se décrète pas, elle se vit. Et le recrutement ne se limite pas à remplir des postes : c’est aussi construire des partenariats durables, comme avec Epitech.”
Dans cette interview, elle partage ses conseils concrets pour des RH plus humaines, une tech plus inclusive, et des processus de recrutement efficaces et transparents.
“Au quotidien, ça veut dire :
Et cet engagement, je ne le limite pas à HoppR. Cloud Nord en est un très bon exemple. Je fais partie de l’équipe organisatrice depuis le début, avec l’envie de faire vivre la communauté tech lilloise et de créer un endroit où les gens peuvent apprendre, partager leurs expériences et rencontrer d’autres passionnés. L’événement est d’ailleurs porté bénévolement par des membres de la communauté tech locale.
Ce qu’elle aime dans Cloud Nord :
Et finalement, je retrouve exactement la même philosophie chez HoppR : transmettre, donner de la place aux gens, créer des opportunités et faire en sorte que chacun puisse progresser.
En résumé :
Donc pour moi, être une Head of People engagée, ce n’est pas seulement être la personne qui s’occupe des collaborateur·ices. C’est aussi être actrice de l’écosystème dans lequel l’entreprise évolue, et essayer de contribuer à quelque chose de plus grand que son entreprise.”
“Je pense qu’on a parfois une vision trop court-termiste du recrutement.
Une école, ce n’est pas seulement un vivier de candidat·es pour les six prochains mois. C’est un partenariat qui se construit dans le temps : intervenir auprès des étudiant·es, participer à des événements, proposer des sujets, accueillir des stagiaires ou des alternant·es, faire découvrir ses métiers… C’est d’ailleurs ce qu’on fait avec Epitech !”
💡 Ce qu’il faut retenir :
“On demande encore beaucoup aux femmes de « prendre leur place », de postuler même si elles ne cochent pas toutes les cases, d’avoir confiance… alors qu’on devrait aussi se demander pourquoi certains environnements ne leur donnent pas envie de rester. J’ai eu l’occasion d’animer un théâtre forum sur le sexisme en IT à Lille et je le refais sur Lyon en novembre.
Les solutions selon Emmanuelle :
“Quand une techno est émergente, il est parfois impossible de trouver quelqu’un qui a déjà plusieurs années d’expérience dessus. Ce qui intéresse davantage, c’est la capacité de la personne à apprendre, à comprendre les concepts, à expérimenter et à prendre du recul.
➡️ Il faut donc regarder le raisonnement : comment la personne aborde un problème qu’elle ne connaît pas ?
Et dans la tech, je trouve que c’est particulièrement important parce que les compétences deviennent vite obsolètes. Quelqu’un qui maîtrise parfaitement une technologie aujourd’hui mais qui n’aime pas apprendre peut être beaucoup moins intéressant qu’une personne qui a une vraie capacité d’adaptation.”
“Le premier piège, c’est de raconter une histoire qui n’est pas vraie.
On voit parfois des entreprises communiquer énormément sur leurs valeurs, leur QVT, leur flexibilité… et quand tu arrives dans l’entreprise, tu découvres complètement autre chose.
Les pièges :
“L’objectif n’était pas simplement de supprimer des étapes : c’était surtout de supprimer les étapes qui n’apportaient pas de valeur. »
Par exemple, chez HoppR, on ne fait pas de préqualification téléphonique classique. Dès le premier contact, on envoie au/à la candidat·e un kit d’informations qui lui permet de se projeter : qui on est, comment on fonctionne, nos valeurs, notre modèle de rémunération… et notamment notre calculette de package, qui lui permet de comprendre concrètement ce qu’il/elle peut attendre en termes de rémunération.
Ça permet d’avoir des échanges beaucoup plus qualifiés : quand on se parle, le/la candidat·e sait déjà où il/elle met les pieds et peut rapidement nous dire si le modèle lui correspond.
Notre process de recrutement est ensuite assez simple :
Mais je tiens aussi beaucoup à ne pas rendre le process trop rigide. Je m’adapte au/à la candidat·e et à son rythme. Parfois, le/la commercial·e intervient dès le premier échange avec moi, parfois le·la candidat·e rencontre aussi Nicolas, notre CEO.
L’idée, c’est de ne pas faire passer tout le monde dans exactement les mêmes cases, mais de garder un processus suffisamment structuré pour être efficace, tout en restant humain.”
💡 Ce qu’il faut retenir :
“Je pense qu’il ne faut pas forcément chercher des actions extraordinaires. »
Ça peut être
C’est aussi permettre aux collaborateur·ices de parler de ce qu’ils/elles font réellement : partager un projet, écrire un article, participer à un meetup, intervenir dans une école, prendre la parole sur LinkedIn…
Chez HoppR, les Maker Days sont un bon exemple : on donne du temps aux consultant·es pour travailler sur des sujets qui les intéressent. Et finalement, ça crée naturellement du contenu, de la fierté et de l’engagement.
La meilleure marque employeur, c’est souvent ce que les collaborateur·ices racontent spontanément quand tu n’es pas dans la pièce.”
“Je dirais : comprenez vraiment le métier ».
On ne peut pas être RH dans la tech sans comprendre un minimum ce que font les développeur·euses, les DevOps, les architectes, comment fonctionne une mission de conseil, ce qu’est une stack technique…
On n’a pas besoin de devenir dév, évidemment, mais il faut être suffisamment curieux·se pour comprendre les enjeux des personnes qu’on accompagne.
💡 Ce qu’il faut retenir :
Sortir d’une vision RH administrative : « Notre rôle est aussi de comprendre le business, les enjeux de recrutement, de staffing, de compétences, de rétention et de développement. »
“Ne laissez pas votre carrière être uniquement pilotée par votre entreprise.”
3 conseils :
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