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Bonjour à tous ! C’est Marcy qui reprend la plume aujourd’hui ! Je suis trop contente de vous parler à nouveau. Je vous retrouve avec un sujet croustillant qui plus est (mais oui toi aussi tu veux que ça croustille sur le blog, je sais, ne sois pas timide, assume, haha) ! J’ai décidé de vous parler de féminisme. Oui, oui. De féminisme.

Vous pensez que ça n’a pas sa place ici ? Détrompez-vous 😊

Je me permets d’en parler puisque, jeudi 25 Mars, j’assistais à une table ronde au sujet de l’entreprenariat féminin. Il était évident que j’allais en retirer une trace, un écrit, une liste de pensées. Finalement, cela se matérialise en article. Pas plus mal pour la rédac’ cheffe que je suis qui n’a pas écrit un article depuis décembre, trop occupée par l’animation de la ligne édito et l’accompagnement de nos contributeurs/auteurs. Contributrices et auteures.

Aussi, j’avais sans doute besoin d’un sujet engagé pour partager à nouveau avec vous par le biais de l’écriture.

En tout cas, c’est bien en tant que femme des effectifs de WeLoveDevs que je vous parle aujourd’hui. Comme je le disais hier lors de cette table ronde à laquelle j’étais conviée, on peut m’apposer tout un tas d’étiquettes. À l’heure où on se label comme aux Etats-Unis, les couches se superposent sur mon identité. Je suis racisée, LGBT+, atteinte d’une pathologie chronique… Tant de variables que je ne citerai pas toutes, mais qui d’une certaine manière, contribuent lourdement à ma façon d’entrevoir chaque sujet de ligne éditoriale de WeLoveDevs.

En bref, je suis Marcy, rédac’ cheffe et je m’occupe d’animer la rédaction. Je suis en charge de la prospection des sujets et thèmes pour WeLoveDevs et mon expérience comme mon identité me servent au quotidien.

Être femme dans la tech : une démarche d’empouvoirement constante.

Lors de mes échanges avec les différentes participantes lors de cette table ronde, j’ai quand même retenu le truc évident : les femmes ne se sentent que très rarement légitimes. Quoi, vous ne trouvez pas ça fou ? Et ne venez pas me parler de syndrome de l’imposteur. Parce qu’on peut être femme et avoir le syndrome de l’imposteur. C’est la double peine. Même si ce n’est pas mon cas, je comprends parfaitement le schéma sinistre dans lequel s’inscrit ce parcours du combattant. Non. De la combattante.

Alors, il faut se faire confiance quand on se lance dans un projet aussi éloigné que la tech quand on est une femme. Déjà, on ne nous attend pas dans ce secteur. Pourquoi ? Et bien, ça commence à l’école. Du moins pour les Millenials. On ne nous proposait que très rarement des secteurs dits « masculins » en première intention. Il était bien vu d’incarner une littéraire pensive plutôt qu’une pionnière des évolutions du langage informatique (ou une pro de la scie circulaire).

Aussi (dans mes lointains souvenirs du lycée, moment fatidique de « l’après », en soirée entre amis ou rdv à en terrasse), j’ai peu souvent entendu une femme déclarer « je vais dans la tech ». C’est assez étrange de se dire ça parce qu’il y a pourtant des femmes qui choisissent des études supérieures orientées dans ces secteurs ; mais jamais on ne nous les a montrés à nous, la génération Y, lorsque nous faisions nos choix d’orientation.

Peut-être n’étais-je pas au bon endroit, au bon moment pour ne pas avoir entendu ces confirmations. J’ose émettre le doute. Mais dans ce cas, pourquoi les femmes dans le tech semblaient si peu visibles il y a encore peu de temps ?

Pas besoin de déguisement pour se sentir en phase avec son milieu.

Le plafond de verre commence là aussi. Il y a, couplé à ce drôle d’effet, ce manque de légitimité sous jacent qui ne nous met pas forcément hyper à l’aise (le « nous » vaut pour les femmes en général, vous l’aurez compris). Il y a forcément les petites remarques, l’envie de se mettre dans le moule, porter un « déguisement » pour les éviter. Quand je dis déguisement, c’est tout ce qui serait contraire à votre véritable style, tout ce qui répondrait à votre façon de cacher ce qui dérange dans votre féminité ; ou du moins ce qui appelle à la petite remarque au bureau, à la petite interjection qui n’a rien à faire là.

Je suis curieuse de savoir combien de femmes ont troqué des codes vestimentaires féminins pour un style plus nerd afin de paraître plus crédible. Je lance les paris avec une certitude certaine.

Bref, tout cela est assez ironique finalement. Surtout quand on sait que les femmes occupaient au début du siècle dernier jusqu’à 50% des effectifs dans la programmation informatique. Aussi, que le premier programme de développement créé en 1843 est l’œuvre d’Ada Lovelace.

Ada, qui alliait style féminin ++ et amour des mathématiques. Comme quoi, on peut porter du rouge à lèvres et un boa en plumes, être hyper girly sans être dénuée de qualités cognitives indiscutables.

On peut être femme de 1001 manières et cela ne nous rend pas moins crédible pour faire notre travail. Je vous assure : porter une jupe ne nous fait pas sauter des neurones. Au même titre que la coupe afro est tout à fait professionnelle, arborer une robe pendant qu’on code ne nous rend pas moins apte.

En clair : le manque d’authenticité, ça peut nous faire mal souvent et on ne le dira que parfois.

Quel accompagnement peut-on mettre en place ?

Parce que faire l’étalage de faits observés est une chose, apporter des solutions en est une autre. Bien évidemment, je ne décris pas ci-dessous une to do list parfaite mais bien des éléments de réflexion à étoffer à votre guise. Je serais d’ailleurs très contente qu’on en discute sur Linkedin ou en commentaires de nos réseaux sociaux.

La discrimination positive.

  • Déjà, mettre en place de la discrimination positive quand on peut, même si le concept vous semble étrange voire inadéquat, peut se révéler fructueux. Damien vous parle de quotas ici et vous explique comment, en mettant en place ce process, il a réussi à capter davantage de futurs collaborateurices (calmez-vous, haha) au plein potentiel. Pensez-vous que cela eut-il été possible si cette discrimination ne fut pas mise en place ? Mais que nenni ! Je suis persuadée que parfois, mettre en œuvre de la discrimination dans le bon sens, nous force à sortir de nos biais de confirmation. Bien sûr, l’idée n’est pas d’être engagée parce que vous êtes une femme. Non. L’idée, c’est d’être une femme qui représente le mieux la fiche de poste. Là où on aurait forcément pensé à embaucher un homme, on pense à vous. Et cette réflexion est multiple : vous pouvez l’appliquer à l’origine ethnique, sociale, scolaire, au genre aussi.

Adopter des comportements qui valorisent les femmes.

  • Alors, ça peut vous paraître fou. Mais on ne requiert pas les mêmes choses ni la même attention en tant que femme. Si nous sommes invisibilisées, alors, créons, créez un petit spotligh où on peut se mettre et prendre enfin place. Je ne dis pas de nous confondre avec des petites choses fragiles mais bien d’encourager les femmes à se sentir à la place qui leur revient ; et d’être reconnues pour ça. Nous n’avons pas forcément les mêmes occasions de prendre la parole de la même manière que nos collègues masculins. Nous n’allons pas être mises en avant dans notre travail de la même façon non plus. J’imagine que les secteurs davantage féminins ne font pas face à ses problématiques (par exemple : le graphisme, la couture, la mode, les RHs, etc) ou du moins, la modèrent davantage. Si vous êtes un homme dans un secteur d’homme avec peu d’effectifs féminins, soyez attentifs ! En tout cas, chez WeLoveDevs, on gère ça au poil (et ça fait du bien).

Reconnaître les moments de malaise, s’adapter et créer un espace safe pour en parler.

  • Quand je dis adapter, je parle de vraies mesures. Au même titre qu’avoir des mesures adaptées pour les parents, les aidants… Pourquoi pas aux femmes ? D’ailleurs, d’un point de vue physiologique, il est aussi à entrevoir une nette différence, prouvée scientifiquement, quant à l’efficacité des femmes lors des différentes phases des cycles menstruels. Il m’est déjà arrivé de dire en réunion avec Damien que je ne me sentais pas du tout bien à cause de ça. Quand on a l’impression d’avoir un champ de bataille dans le bas du ventre et des bouffées de chaleur, normal que je prévienne et que j’explique ma baisse d’attention.  Répondre à cette chose indépendante de ma volonté, ne veut pas dire que je ne sais pas faire mon travail, juste que si un de mes collègues avait lui, par exemple, une énorme migraine ophtalmique, il n’hésiterait pas à le dire pour expliquer son malaise. Damien avait tellement bien réagi que ça m’a mis hyper à l’aise, moi qui avais ce sentiment de honte (qui, en fait, ne sert à rien et n’est pas légitime). Alors oui, c’est peut-être gênant, mais c’est la nature. Alors sorry, deal with it et on évite les railleries pour créer du confort pour nous, vos collègues femmes 🤗. (Et ce cas, on peut l’imaginer avec les femmes qui deviennent mamans, qui ont des coulées de lait en plein bureau, celles qui n’ont pas de protection hygiénique, celles qui supportent très mal le moyen de conception que leur attribue l’inégalité hommes femmes). Je vous laisse méditer là-dessus.

Quels constats ?

Encore une fois, dans la boîte, tout le monde est bienveillant envers ces points évoqués et c’est un vrai bonheur, puisque cela participe activement à notre empouvoirement. Mais ne croyez pas qu’on n’a pas pensé, ensemble, à cette Providence. Nous faisons, à tout un chacun des choix, des expériences professionnelles et personnelles qui nous donnent matière à réfléchir. Aussi, à mûrir ces sujets. Nous n’avons pas de problèmes à en parler ensemble en daily meeting. Il est indispensable en revanche, que des personnes de votre entreprise soient des moteurs du changement. Changement qui vise simultanément :

une meilleure visibilité des femmes dans la tech et la reconnaissance du caractère distinctif qu’elles incarnent.

J’aimerais aussi le dire : personne, femme ou homme, n’est parfait sur ces questions-là. Ce n’est pas un drame. Le tout, c’est d’avoir l’intelligence d’être à l’écoute et l’intelligence d’expliquer pour faire bouger les lignes. 

Quels résultats internes pour notre audience ?

Alors, d’un point de vue personnel, comme je vous le disais plus haut : être une femmeraciséeLBGTQIA+, en charge de la ligne édito et de la pré-prod’ des émissions, c’est à mon sens, une force. Chaque sujet abordé est réfléchi dans toutes les dimensions ; je m’assure évidemment qu’on ne heurte personne. Mais surtout, qu’on représente tout le monde. Évidemment, ceux qui seraient offusqués par notre engagement textuel, sont souvent les moins concernés. Vous verrez donc de l’écriture inclusive, des iel. Parce que chacun n’est pas masculin et hétéro par défaut. Et c’est avec conviction que je le dis : il faut de la place pour tout le monde.

Pour moi, la Providence n’est pas que le haut lieu sacro saint des femmes ; ceci dit grâce à nos engagements, nous nous permettons d’ouvrir la porte à d’autres personnes de tous horizons confondus. Enfin, je crois que c’est en cela que briser le plafond de verre, par notre prisme, est une des clés de voûte qui soutiennent grand nombre de participants à la course de l’empouvoirement dans la tech.

Allez, prends ma main, on part ensemble kicker les préjugés et les inégalités. Viens qu’on mette de l’ordre pour créer de la bienveillance.

Pour de vrai.

Let’s go.

 

 

Marcy Charollois

Auteur Marcy Charollois

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