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Bonjour à tous ! Et oui, c’est Marcy qui vous parle et je reprends la plume aujourd’hui pour vous parler d’un sujet qui me tient à cœur, à force d’observation. Je crois que je n’ai jamais vu un mot autant utilisé que celui-ci : bienveillance. En l’espace de 2 ans, il me semble le voir revenir en force, par tous les chemins possibles. Même quand il n’a, parfois, rien à faire là. Que penser de ces petites lettres lourdes de sens que beaucoup, hélas, maltraitent ?

La bienveillance c’est bien, la faire vivre, c’est mieux. C’est pourquoi je me suis demandée : pourquoi diable est-il possible de voir ce terme partout dans le langage startup ? Je sais, je sais, il est aussi présent ailleurs, comme dans des grands groupes, des débats RH… Toutefois, je l’entends vraiment beaucoup dans notre écosystème. Est-il possible de redonner la juste valeur de la bienveillance quand celle-ci semble devenir l’apanage des startups ? Et surtout, comment s’y prendre ?

 

1) Définissons la bienveillance.

J’ai cherché plusieurs définitions de la bienveillance, histoire de recadrer cet article dès le début de la lecture. Selon le Larousse, ce serait la disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui. Pas mal pour un début, mais creusons encore. La définition du Cnrtl (Centre National de Ressources textuelles et lexicales), prétend qu’il s’agirait d’une disposition généreuse à l’égard de l’humanité, si elle est universelle. Ou encore de la qualité d’une volonté qui vise le bien et le bonheur d’autrui mutuel.

D’ailleurs, si nous devons retenir une chose importante d’un point de vue historique, c’est que les premières apparitions du terme bienveillance apparaissent dans la littérature française au XIIè siècle, au plus près de la définition de « benevolentia », qui signifie littéralement en latin disposition favorable à autrui.

Je crois qu’on retombe alors sur nos pattes. La bienveillance serait l’art d’être disposé aux autres pour faire le bien. Mais alors, est-il si simple de croire que la bienveillance est un statu quo en 2020’s, décennie où la vie d’entreprise est en pleine mutation, où les lignes se définissent encore et encore et semblent converger par endroits et se distendre violemment à d’autres ?

2) Être ou ne pas être bienveillant, tel est le problème.

Si on se tient à nos définitions, il y a un truc qui ressort quand même pas mal. Certes, entre les lignes mais je pense que vous l’avez compris et qu’on le touche du doigt. La bienveillance n’est pas un état stable, posé comme une pierre dans l’édifice. Non, la bienveillance est, et se doit d’être incarnée. Sinon, elle ne perd pas uniquement son sens, mais aussi et surtout sa mission. Celle d’aider, sincèrement. D’écouter, franchement. De proposer des solutions, vraiment. Mais alors, la bienveillance, mère du respect entre tous ? Plutôt, oui. Mais à l’heure où ce concept semble être marqué au fer rouge dans les ADN de toutes les startups de France, où la bienveillance et le bonheur seraient une finalité : pourquoi trouve-t-on des salariés désincarnés de leurs missions ? Pourquoi la QVT est-elle un combat quotidien ? Pourquoi cherche-t-on de manière obsessionnelle un équilibre ?

2.1) Redonner du sens au mot bienveillance.

Si la bienveillance était si automatique que ça, on éviterait alors de grands malheurs qui pèsent, sur la tête de ceux et celles qu’on appelle poliment collaboratrices et collaborateurs désormais (qui en fait, sont les salariés et les employés d’une dite entreprise). Je ne dis pas que ces termes ne doivent pas exister ; ce que je dis, c’est que la bienveillance, les collaborateurices, les axes d’amélioration, sont des termes qui à force d’abus, ont perdu leur sens et leurs applications. En fait, ils sont devenus tellement vides qu’ils ressemblent à un vernis mal posé qui s’écaille. Ils maquillent une réalité qui peut être ressentie comme bien plus sombre.

Finalement, tout cela devient une vaste mascarade dans un jargon 100% bullshit que les pôles comme le mien, la communication, entretiennent sans même faire fonctionner leur cognition et se demander si tout cela a du sens, dans toutes les dimensions que ça comporte. Donc en tant que communicante très sensible aux enjeux sociétaux actuels, je le dis avec beaucoup de certitude : je ne remercie pas les porteurs de langage tendance qui ne sont pas animés sincèrement par ce qu’ils véhiculent. Si vous voulez mettre la bienveillance à toutes les sauces dans le champ lexical de votre entreprise, allez-y : mais assumez les conséquences de vos actes. Vous avez un pied dans la toxicité si vous n’y répondez pas et prenez garde à cela.

 

3) Comment s’assurer de créer un environnement bienveillant ?

Je ne veux pas agir comme un censeur mais bien comme une lanceuse d’alerte. Si les lettres, ensemble créent du sens, alors les mots ont du poids. N’ignorons pas ça. Donc, pour toujours plus d’immersion, il faut veiller à créer un environnement bienveillant pour tous, mais aussi pour soi. Comment faire ?

Je vous dirais qu’étonnement (suite à mes expériences de manager et de cheffe de projet), le management a ici justement, sa plus grande force. On croit souvent qu’on perd son temps en management, voire que c’est arriéré. Comme si dans un monde du travail qui prône l’autonomie, parfois même la liberté totale, il était impossible de flirter avec des patterns anarchiques. Pourtant, nous sommes tous en capacité de créer des environnements toxiques et j’insiste, à tout un chacun. C’est là où, je pense, que le rôle ou la posture du manager est indispensable ! Il faut vraiment des gens qui ont des qualités empathiques certaines, avec une abnégation forte et la capacité de prendre des décisions avec une froideur rationnelle qui peuvent sembler paradoxales.

Pourquoi ? Et bien, quiconque verse dans le sentimentalisme est déjà dans le jugement. Et ça, ce n’est pas de la bienveillance. Il faut des gens aux qualités managériales justes, courageuses, analytiques et qui savent parler aux gens sans leur faire de mal. Qui ont de la projective sur leurs actions. Qui ne s’impose pas dans leurs gros souliers ou dans leur inaction. Il faut des garants de la bienveillance qui peuvent orienter sans juger, demander sans imposer et faire des choix sans blesser. Ce n’est pas donner à tous d’avoir la tête froide dans un sourire chaleureux. Formez-vous, lisez, apprenez, testez mais surtout ne restez pas dans votre posture. Ou choisissez des personnes aptes à endosser ce rôle s’il n’est pas le vôtre. Car oui, au cas où : nous ne sommes pas tous fait pour être manager. Alors, délégons si c’est possible.

3.1) Le silence n’est pas bienveillance.

J’aimerais qu’on se pose ensemble sur notre capacité à tous de créer un environnement malveillant. Fouillez dans vos souvenirs. Combien d’entre nous ont mal vécu des situations qui n’ont pas été réglées par peur du conflit ? Combien d’entre nous n’ont rien dit quand la situation injuste, a mis en porte à faux un collègue ? Ou nous même ? Qui, entre nous, a toléré des choses en pensant que ça allait passer ? C’est bien ce que je vous dis, parfois on croit bien faire au nom de la bienveillance alors que c’est tout l’inverse. On fait germer de l’anxiété à n’en plus finir et ce qu’on croyait acquis ne se transforme qu’en champs de chaos. Des sillons où l’accusation facile est là, en attente.

Preuve que la prévention, les retours d’expériences, les réunions d’équipe, les ateliers brise-glace ne servent pas à rien. Si tant est qu’ils soient pilotés et orchestrés par des garants, compétents : ceux que j’appelle les gardiens de la bienveillance.

 

4) Comment être un garant de la bienveillance au travail, chez soi, tout le temps ?

Pour éviter un flot consensuel, je vous propose une liste à suivre qui vous permettra de mieux réfléchir la bienveillance, pour de vrai.

  • Inspirez confiance pour faire confiance.
  • L’empathie est sa faculté à se mettre à la place de l’autre et le lui signifier. Répéter ce qu’on vous dit sous forme de question démontre que vous avez suivi votre interlocuteurice. « En ce moment ça va pas fort, j’aimerais bien qu’on m’aide = Comment ça, ça ne va pas fort ? Comment peut-on t’aider ? »
  • Pas de jugement, que des solutions.
  • Réfléchir l’inclusion c’est stopper à la racine les comportements malveillants.
  • Si vous voulez de la diversité dans votre entreprise, alors acceptez les différences. Et oui, ça paraît simple, mais c’est facile de montrer du doigt celui-celle qui fit pas dans le moule. Haha #effetdegroupe?
  • Crier et rabrouer ce n’est pas gérer un conflit. Trouver des solutions efficaces et directes, c’est déjà beaucoup mieux.
  • Vous n’êtes pas parfait ? Les autres non plus. Acceptez le droit à l’erreur : la vie, n’est qu’apprentissage. On ne naît expert de rien et on meurt souvent emplis de doute. Désolée c’est trash mais je crois ne pas me tromper.
  • Clarifier ce qu’est la bienveillance, c’est déterminer ce qu’elle n’est pas. Faites des brainstormings avec vos équipes.

J’espère qu’on pourra échanger à ce sujet. Je ne prétends pas tout connaître là-dessus ! Alors, quels sont pour vous les points essentiels de la bienveillance ? Est-ce que ce mot résonne chez vous ? Quelles limites à la bienveillance ? Rendez-vous en commentaires ! Dites moi aussi si la bienveillance est selon vous, l’apanage des startups… Ou pas du tout !

Merci de m’avoir lu, j’espère avoir pu vous aider ou vous orienter !

 

 

Marcy Charollois

Auteur Marcy Charollois

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Rejoindre la conversation 2 Comments

  • Olivier Leteneur dit :

    C’est un excellent article.
    Tout y est, de la définition aux contraires, des indications aux conseils, de l’analyse à la réflexion.
    Il est très difficile d’être bienveillant, ou de le devenir. Je ne prétends pas moi même l’être.
    Le mot le pus adapté est sans aucun doute l’abnégation, cet amour de l’autre désintéressé, altruiste.
    Après avoir roulé ma bosse pendant une vingtaine d’années dans le monde du numérique, j’ai enfin rencontré la bienveillance à Lille.

    Oui ce mot est devenu du bullshit dans les entreprises, tout comme le greenIT, et bien d’autres concepts hors de portée des sans coeur, uniquement calculateurs.

    « Mettons un peu de rose ici ou là et on fera croire à de la bienveillance ». Non. C’est du « pink washing « , à l’instar du green washing.

    Quand on la rencontre pour la 1ère fois, c’est comme l’Amour, on la reconnaît aussitôt. Et évoluer dans la bienveillance, c’est grandir chaque jour et partager, donner et recevoir, sans rien demander. On en prend conscience et on prend confiance. On s’épanouit. C’est ce qui fait toute la différence. Et l’entreprise s’en porte d’autant mieux.

    Merci beaucoup pour cet article, il parfait.

    • Oh la la, merci infiniment Olivier ! Je suis très touchée par ta vision qui me rappelle à quel point nous sommes tous en quête d’honnêteté, de sincérité et d’épanouissement. Merci de faire éclore beaucoup de joie en moi et je suis heureuse d’avoir pu te toucher, d’une certaine manière, avec mes mots et mes pensées. Je suis certaine qu’on fera bouger les lignes 🙂

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