Aujourd’hui, je vous parle de mon échange autour du Télétravail avec Vincent Cassé (@vcasse sur twitter) et je suis content. Parce que j’ai vraiment passé un bon moment à échanger avec Vincent. En effet, on a dépassé la timebox allouée pour l’interview. On a parlé de ce que sa parentalité lui a apporté au niveau professionnel. C’est un sujet que je trouve particulièrement intéressant depuis qu’on l’a abordé en détail dans un Podcast avec Delphine Cochet et Pascal Van Hoorne (que vous devriez écouter si vous ne l’avez pas encore fait !). Si je devais résumer cette thématique en une phrase, je dirais que cela l’a aidé à prendre du recul sur les réactions et les émotions des autres, et il a ainsi développé sa capacité à mieux maîtriser les siennes.

Mais revenons au sujet : on veut savoir qui est Vincent, comment il est devenu développeur, comment il en est venu à faire du remote, et ce qu’il veut que l’on en retienne !

Comment Vincent devient développeur ?

Vincent a commencé le code à 14 ans, dans sa chambre. A l’époque, on avait pas forcément le site du zéro, on lisait des magazines et des livres. Il a commencé a faire des jeux en Basic, puis des sites webs avec Front Page dans un premier temps. Il rentre dans le PHP en passant à Dreamweaver, qui est plus permissif.

Après le bac, il s’oriente vers des études d’ingénieur en chimie. Mais la prépa ne se passe pas bien et il rentre en IUT Info grâce à une rentrée décalée. Bien qu’il soit major de sa formation, il préfère travailler alors que les profs veulent qu’il présente un dossier en école d’ingé. C’est pourquoi il prend un poste dans une Mairie normande. En deux ans, il fait beaucoup de réseau et de systèmes de gestion, voir même du génie civil.

Par la suite, il raccroche à l’INSA de Rouen pour faire une formation ingénieur. Il m’a expliqué sa motivation avec ces mots : « Un développeur sait apprendre tout seul, par contre les fondamentaux, les sciences dures, ça s’apprend en école d’ingé ». Et ça n’a pas été facile ! Le travail en mathématiques en particulier a été d’un volume plus qu’important, mais il s’en sort très bien. En stage de fin d’étude, il vient chez OVHcloud à Roubaix, sur le projet Hubic.

Comment Vincent est-il passé en Télétravail ?

Chez OVHcloud, il va d’abord passer 2 ans au siège, à Roubaix. Sa compagne est enseignante et la mobilité est assez complexe dans le corps enseignant. Pour changer de région, il faut qu’un autre enseignant fasse le trajet inverse. Elle était en poste en Normandie et en moyenne ça prend 10 ans pour être muté dans le Nord. C’était donc plus simple pour Vincent de revenir s’installer en Normandie. Il a parlé du projet avec son manager (et avec Octave). Le sujet n’était pas tranché, mais il était déjà envisagé. Vincent fait donc partie d’un Proof of Concept avec 3 personnes qui passent en télétravail à plein temps, de la maison. Depuis, Vincent est resté en télétravail et OVHcloud permet le télétravail 2 jours par semaine pour tous les jobs où c’est techniquement possible. Par exemple, c’est pas pratique pour un technicien en Datacentre.

Alors ça n’a pas été facile au début. Ça s’est amélioré quand Vincent a reçu un matériel de télé-présence qui est prévu pour la communication entre les sites à l’origine. Il l’appelle « le Cisco » !
Ça ne fonctionnait pas bien avec la première équipe parce qu’elle était entièrement à Roubaix et il était le seul hors site. Mais il a ensuite changé d’équipe pour rejoindre l’équipe Hébergement Web, qui elle était déjà multi-site, donc déjà habituée à échanger de manière asynchrone, décentralisée. Spontanément, il me parait évident qu’il est simple d’inclure un travailleur à domicile quand l’équipe travaille déjà sur plusieurs sites.

Avec l’équipe Hébergement Web, il s’épanouit bien parce qu’il comprend bien les besoins des utilisateurs. Il propose des fonctionnalités (PHP7, Composer, let’s encrypt) qui sont très bien reçue par la communauté de clients. Du coup, on lui propose de prendre des responsabilités sur la partie produit, de devenir « Lead Tech ». Petit à petit et de facto, il devient manager de son équipe.

Le management à distance

On a beaucoup échangé sur cette thématique du management. Un manager peut se sentir très seul parfois quand il doit prendre des décisions. Et en fait, au siège, les directeurs techniques et autres managers ont l’habitude d’échanger. Quand ils se croisent, ils peuvent en profiter partager sur différents sujets. Au début, Vincent n’avait pas de Directeur Technique et il n’avait pas créé ce lien. Dans un second temps un directeur technique a rejoint l’équipe. C’est lui qui a constitué ce groupe de managers et directeurs techniques qui les entourent. Cela lui permet d’avoir un relais et de pouvoir échanger. Par exemple, s’il s’inquiète pour un de ses collaborateurs à Roubaix, il sait demander à un manager sur le site s’il a ressenti également.

Toutes les deux semaines, il passe deux jours sur site. Il essaie d’utiliser au maximum ce temps pour socialiser. En général, il n’a pas le temps de faire « du tech », il en profite pour solliciter au maximum les interlocuteurs dont il a besoin. Parce que même dans une culture décentralisée, les gens ont tendance à prioriser ce qui arrive « physiquement ».

Ce qu’il a appris dans cette expérience, c’est qu’il est important de communiquer en interne sur les succès et les accomplissements de son équipe. En fait à l’extérieur de son équipe, au sein de l’entreprise, on ne voit pas forcément les succès. Ils ont même l’air normaux ou banals. Par contre, toute le monde remarque et retient les incidents, les pannes, les problèmes. C’est pourquoi le Manager doit redoubler d’effort pour fêter les succès. Je pouvais voir sur la visio que Vincent est particulièrement fier de son équipe.

À quoi ressemble le télétravail pour Vincent ?

Depuis  5 ans, Vincent travaille à la maison. Certains préfèrent le coworking, lui il a aménagé une pièce dans son grenier. C’est un endroit particulièrement calme et très isolé de la maison.
Maintenant ses collègues ont pris l’habitude de l’appeler sur le Cisco. Je comprends aussi que son rôle a changé en 5 ans et de fait, il est beaucoup plus sollicité.

Pour lui c’est important de garder des rituels. Cela reste un confort de ne pas avoir de temps de route. Mais il garde quand même sa routine matinale, et son bureau reste un endroit où il n’est « pas dispo ». Et c’est d’ailleurs un point difficile à installer.

Le sujet qu’on n’aborde pas assez, d’après lui, c’est la difficulté à faire comprendre que l’on travaille même si on est à la maison. Au début, sa compagne s’étonnait : « T’as été à la maison toute la journée et tu n’as pas eu le temps de faire ça ou ça ? ».

C’est vrai que moi-même, j’avais le sujet au début quand j’étais indépendant.
« T’as passé la journée à la maison est pourtant t’as pas eu le temps de débarrasser le petit déjeuner ?
– Ben non, je suis même descendu à la supérette prendre une pizza minute pour avoir le temps de rappeler mes prospects sur la pause de midi. »
Parfois, ma copine revenait du boulot à 18h et me retrouvait au même endroit dans le salon : j’étais sur la même feature depuis 7h le matin. Mon wakatime avait compté les 11h de code et j’avais passé plutôt un bon moment !
Plus tard, cela pouvait m’arriver d’avoir eu plusieurs clients ou prospects au téléphone sur une journée, et d’avoir l’impression de pas avoir codé de la journée.

Dans l’imaginaire collectif, la maison est associée à la vie personnelle. Et c’est le message que voulait faire passer Vincent : une fois que l’on passe en télétravail, ce n’est plus forcément le cas. Si vous voulez adopter ce mode de travail, attendez-vous à avoir un effort à faire pour vos proches.

Répétez devant votre miroir : « Non, je n’aurai pas le temps de chercher ce colis au point relais, parce que j’ai du travail ». Ou encore, attendez-vous à ce que vos voisins, qui ne vous voient jamais sortir de chez vous s’imaginent que vous êtes au chômage.

Et oui ! Je suis sûr que même vous, vous sauriez me citer un voisin que vous ne voyez jamais sortir de chez lui pour aller travailler.

Merci d’avoir lu ce portrait !

En guise de conclusion, je profite de cet article pour envoyer mes meilleurs vœux à tous les télétravailleurs, qu’ils soient à plein temps, réguliers ou bien occasionnels. En particulier, je vous souhaite d’avoir une connexion internet stable et qualitative pour toutes vos visioconférences.

Merci à Vincent d’avoir pris le temps d’avoir témoigné. Faites comme Vincent, envoyez-moi un DM sur Twitter pour qu’on parle de ce sujet ?

 

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Damien Cavaillès

Auteur Damien Cavaillès

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