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Cette histoire a été publiée en premier sur le blog de Zapier à l’adresse suivante : https://zapier.com/blog/actual-impostors-dont-get-impostor-syndrome/
Votre serviteur, Damien Cavaillès, a la permission et la bénédiction de la rédaction et de l’auteur pour la republier ici. Il s’est occupé lui-même de la traduction. Et il parle de lui à la 3e personne, je vais devoir en parler en consultation encore.

Vous vous demandez si vous êtes une fraude ? Cela veut sûrement dire que vous n’en êtes pas une.

J’ai été bénévole dans une association. La personne qui l’a arnaquée, juste avant qu’elle doive fermer, était une l’un des meilleurs travailleurs.

Il s’agissait d’un atelier de réparation d’ordinateurs. Les gens et les entreprises donnaient de vieux ordinateurs, une équipe de bénévoles les réparait. Les ordinateurs réparés étaient soit vendus ou donnés à d’autres associations.

En tout cas, c’était l’idée.

L’organisation n’était pas très efficace jusqu’à ce qu’un type se faisant appeler « Brazil » se pointe. Il a travaillé comme acharné pour que tout marche correctement. Il était au téléphone en permanence, il a réussi à convaincre plusieurs organisations de donner leur vieil équipement, à coordonner un flux constant de bénévoles. Les ordinateurs étaient vendus, régulièrement – plus qu’il n’en fallait pour payer le loyer. L’organisation, après des mois d’inertie, commençait à prendre pied.

Ensuite Brazil a vidé le compte en banque de l’association sur le sien avant de quitter la ville. L’association a du fermer juste après ça.

C’était escroc professionnel [NDLR : con artist dans le texte], un vrai imposteur. Et vous savez quoi ? Je ne pense pas qu’il ait douté de lui une seule fois. Il projetait tellement de confiance dans chacune de ses affirmations, même certaines qui sont objectivement fausses, que l’on ne pouvait pas s’empêcher de le croire. Je pense honnêtement qu’il n’a jamais douté de lui de toute sa vie entière.

Parce que les vrais imposteurs ne connaissent pas le syndrome de l’imposteur [NDLR : sur le blog de zapier]. Ils ne se demandent pas s’ils sont qualifiés pour le poste, ou s’ils sont comparables avec leurs pairs. Ils se contentent de mentir, mentir, mentir, jusqu’à ce qu’ils aient accès à ce qu’ils souhaitent, ensuite ils le prennent – et s’en vont.

Les gens brillants ont tendance à douter d’eux-mêmes

Le syndrome de l’imposteur est motif psychologique commun où les gens doutent de leurs connaissances et compétences. Ensuite ils vivent dans la peur d’être éventuellement démasqués dans leur fraude. C’est particulièrement commun chez les gens très qualifiés ou expérimentés.

Cela paraît bizarre – pourquoi des gens qualifiés douteraient d’eux-mêmes ? Rappelez-vous : les gens très qualifiés ont tendance à travailler autour d’autres personnes très qualifiées et aussi ont tendance à comparer leur propre valeur avec les autres. C’est une recette pour douter de soi.

Zapier, où je travaille, est une entreprise avec un pourcentage stupéfiant de personne brillantes, et ça peut être intimidant. Quasiment tout le monde est vraiment aimable et vous aidera si vous avez la moindre question. Pourtant il est très facile de regarder autour de soi et d’avoir l’impression que l’on ne fait pas le poids.

Parmi les gens les plus intelligents que j’ai pu rencontrer – des personnes qui font constamment un travail incroyable, et dans certains cas gèrent des départements entiers – remettent en question leurs connaissances dans des domaines où ils travaillent depuis une décennie. Et ils ne devraient pas se sentir de cette façon. Aucune de ces personnes ne tire l’entreprise vers le bas – ils sont qualifiés dans ce qu’ils font et font des contributions que personne d’autre n’aurait pu faire. Et ils font du très bon travail.

C’est un sentiment qu’il est difficile de dépasser. Et à chaque fois que je le ressens, je pense à Brazil. Il pouvait affirmer avec confiance quelque chose qui était objectivement faux et en rajouterait une couche si vous essayez de le questionner. Je le sais parce que ça m’est arrivé. J’en suis venu à douter de choses dont j’étais sûr, parce qu’il était confiant et persuasif. Je ne saurai jamais ce qu’il se passait dans sa tête, mais je ne pense pas qu’à un seul moment il se soit remis en question.

Si vous n’êtes pas un spécialiste de l’escroquerie, et que vous expérimentez le syndrome de l’imposteur, alors vous devriez être rassuré. Le fait que vous vous demandiez si vous êtes ou non un imposteur signifie que vous n’en êtes pas un. Les vrais imposteurs ne se demandent pas s’ils en sont.

Un singe avec une machine à écrire

Ma collègue Hannah de chez Zapier a demandé à ce que j’écrive un article sur le fait qu’elle est incroyable. C’était une blague, mais je vais y aller et le faire vraiment.

Hannah est une des personnes avec lesquelles je préfère parler sur terre et est aussi vraiment douée dans ce qu’elle fait. J’ai appris quelque chose d’elle chaque semaine et je respecte profondément ses capacités. Alors quand elle a écrit un article titré « Comment écrire vraiment bien », j’ai douté de moi. Son article encourageait les apprenti-rédacteurs à apprendre la grammaire, comprendre les règles de la langue, consulter un guide de style, et apprendre à schématiser des phrases.

Je suis rédacteur. Je n’ai jamais fait toutes ces choses.

Cela m’a amené à penser que je ne sais pas vraiment écrire – c’est le syndrome de l’imposteur qui fait ça à votre cerveau. Peu importe que j’aie été rédacteur professionnel depuis 2007. Peu importe que j’aie eu beaucoup de succès pendant tout ce temps. Si quelqu’un que je respecte pense que c’est de cette façon que l’on doit apprendre à écrire et que je n’ai pas fait ça, je vais penser que je ne sais simplement pas écrire.

Alors que ce n’est pas vrai. J’ai juste appris d’une façon différente.

Cela m’est arrivé dans d’autres contextes aussi. J’ai payé une grosse partie de mes études en travaillant dans une pépinière en Ontario, prenant soin des plantes chaque été de ma terminale jusqu’à ma dernière année d’Université. J’étais devenu vraiment bon pour la taille, donnant rapidement une forme aux plantes du grossiste pour qu’elles poussent d’une façon qui peut être exposée en boutique. Je ne me rappelle pas que quelqu’un m’ai expliqué comment le faire – Je me rappelle avoir regardé, mimiqué, et puis j’étais capable de tailler un Cornouiller, un Cèdre ou Érable japonais juste comme ça.

Ma femme m’a demandé d’expliquer comment tailler le buisson pendant qu’on travaillait dans le jardin. Je ne pouvais pas. Ce n’est pas quelque chose que j’ai réfléchi ou pour lequel j’ai une grande théorie – c’est juste quelque chose que je sais faire.

Tailler des plantes et écrire – ce sont des intuitions. Ce sont des compétences que j’ai parce que je l’ai fait beaucoup. Je ne peux pas mettre le doigt sur des professeurs qui m’ont appris comment, et expliqué les mécaniques de tout ça. Je n’ai aucune idée de ce qu’est un prédicat, par exemple. (J’ai regardé à l’instant ce que c’était un prédicat, et soyons honnête : je n’ai toujours aucune idée ce que c’est un prédicat.)

Parfois je me sens mal à propos de ça, comme si j’étais stupide, un singe qui a appris un tour à force de répétition.

Mais je ne suis pas un imposteur – Je suis bon à ce que je fais. Et je le sais parce que vous êtes encore en train de lire cet article, et c’est difficile de garder l’attention d’une personne aussi longtemps.

Ce n’est pas utile pour moi de lire les conseils d’Hannah pour devenir un meilleur rédacteur et d’en conclure que je ne suis pas un bon rédacteur. Les gens apprennent de manières différentes, c’est tout. Et je ne devrais pas écouter cette voix qui me dit que je fais semblant, parce que je ne fais pas semblant. Je ne suis pas un escroc. Un véritable escroc ne serait pas en train de douter de lui-même après avoir lu l’article d’Hannah. Ils liraient l’article et déclareraient qu’ils savaient déjà tout ça et qu’ils sont déjà excellent à tout ça.

C’est pour cela que je suis content d’entendre ce doute de moi-même parce que sans elle j’assumerai que je sais déjà tout et que je ne peux plus m’améliorer. Qui sait ? Peut-être qu’un jour j’apprendrai ce que c’est un prédicat.

Dénoncez-vous et vous vous sentirez mieux

J’ai de la chance : je travaille dans une entreprise où il est normal de parler du syndrome de l’imposteur (sur le blog de zapier). Il y a un channel Slack pour ce sujet où 150 et quelques personnes se soutiennent les uns les autres. Il y a des ressources éducatives variées disponibles pour ce problème en particulier. Et j’ai des amis ici qui m’ont aidé à passer au travers. Je ne sais pas dire à quel point cela me réconforte.

Une chose qu’un escroc ne ferait jamais, de ma propre expérience, c’est admettre ouvertement qu’ils sont en train de vous arnaquer. Ils vont nier, mentir, et généralement tourner autour du pot. Alors si vous voulez savoir, à 100% que vous n’êtes pas un imposteur, faites quelque chose qu’un imposteur ne ferait pas : dénoncez-vous. Dites à un collègue de confiance comment vous vous sentez. Je suis sûr qu’il réagira avec compréhension et vous que vous vous sentirez mieux après.

Justin Pot

Auteur Justin Pot

Justin Pot is a staff writer at Zapier based in Hillsboro, Oregon. He loves technology, people, and nature, not necessarily in that order. You can follow Justin on Twitter: @jhpot. You don't have to. But you can.

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