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NDLR : Cette semaine on a proposé à Gwenael Kerneur de prendre la parole sur ses deux passions : le recrutement et la culture durable. Je trouve que son approche est vraiment rafraîchissante, innovante. Elle apporte calme et sérénité dans un métier qui est souvent motif de courses aux résultats. Le secret, c’est le sens et la passion que Gwenael met dans ce qu’il entreprend.

Ma vision

Tout part d’une vision, je pense que le Mix Tech/ Agri est un mix intéressant pour les développeurs (et pas que …).

Plantons le décor

Je suis recruteur « chasseur de têtes IT » et j’habite à la campagne, dans une maison isolée en Bretagne Sud. Une ancienne ferme familiale. En ces temps de confinements, je me sens comme un privilégié. Beaucoup d’espaces et beaucoup d’activités à l’extérieur.

Depuis plusieurs années, je recherche une activité agricole qui soit cohérente et avec un impact positif sur l’habitat dans lequel nous vivons et l’activité de recrutement. Pas facile, tant les univers sont tellement disjoints géographiquement, socialement, professionnellement.

D’un côté :

  • Paris, les startups, le web, la dématérialisation, un monde qui parle de levées avec des millions d’euros, des BSPCE, des cycles rapides.

De l’autre côté :

  • la campagne du Morbihan, pas du tout dans le virtuel, dans le dur et le concret, 1 kg de miel se vend 10-15 euros (imaginez combien de pots il faut pour payer votre salaire), des cycles annuels (vous pondez un bug, et bien il faut attendre l’année suivante pour le corriger, sans faire de nouveaux bugs ! ).

Mais la vision est là. Le mix est bon, mais concrètement lequel ?

 

Des expérimentations

Alors, j’expérimente pour trouver ce mix. Mix recrutement et un truc agri.

  • Les poules sont sympas. Mais quel boulot !!! Construire un poulailler, un enclos assez grand (qui est en fait toujours trop petit). Choisir les bonnes races de poules. Les prédateurs. Et en fait difficile de trouver des points de cohérence avec l’activité de recrutement.
  • Le maraichage perma. En théorie c’est sympa. Mais beaucoup de travail physique tout de même. Et toujours pas facile de concilier les deux activités.

 

  • La sève de bouleau. Là c’est mieux. Beaucoup plus rentable, moins de travail. Mais la sève est difficile à conserver. Et le public intéressé est tout de même très restreint.
  • Le miel et les abeilles. Job sympa, plutôt saisonnier. Le miel se conserve très bien, plutôt facile à transporter, et c’est un super cadeau pour mes clients et mes candidats recrutés. Et ca me plaît bien.

 

Les abeilles

J’ai commencé l’apiculture avec 2 essaims, 2019. J’ai eu la chance de rencontrer Gérard, apiculteur amateur, qui m’a mentoré ma première année. Il m’a transmis son expérience.

La première année est vraiment une année de découverte et d’apprentissage.

Deuxième année. La fameuse année 2020. Le printemps commence tôt, les abeilles sont en pleine forme. Et elles font des petits. Pendant le printemps, je passe de 2 essaims à 7. Et pour une première année de production, j’ai fait 6kg de miel. Super content.

Et maintenant, en 2021. Le printemps arrive à fond. Les abeilles sortent et butinent les premières fleurs. C’est super.

Et le mix dans tout ça. J’offre des pots de miel de ma production aux gens avec qui je travaille (les candidats, les clients, mes partenaires). Et c’est top.

J’ai trouvé mon mix ou un mix qui me convient.

 

La scène Tech et le monde agri.

Petit clin d’oeil à mes amis d’Hivency qui appellent leurs salariés, les abeilles et les bureaux des ruches.

Au début de l’article, j’ai écrit que les univers Tech et Agri sont disjoints et tellement disjoints.

Mais n’existe-t-il pas une certaine porosité entre ces univers, sans parler du vocable agricole utilisé dans la Tech (pépinière, incubateur, seed, levée, etc…) ? Une stat que m’avait donnée Fermes d’avenir en 2017, 40% de leurs stagiaires sont d’anciens informaticiens (stat à vérifier, je n’ai pas les sources et d’ailleurs si vous aviez des stats avec des références ça m’intéresse).

C’est vrai qu’après des années derrière son IDE, nombreux sont ceux qui rêvent à mettre les mains dans la terre.

 

Une vision sur le futur

Je crois sincèrement au mix Tech/ Agri. C’est un mix qui fait du bien, qui permet de se changer les idées, et de générer de nouvelles idées.

Nombreux sont ceux qui parlent du FutureOfWork. Pour ma part, le FutureOfWork c’est le mix d’activités. Les activités se complètent et s’enrichissent mutuellement dans l’intérêt de l’individu et du collectif (pensez aux paysans horlogers du Jura au 19ème siècle).

 

Le projet Hectar de Xavier Niel

C’est top, top, top. Je ne peux être que émerveillé devant ce projet, qui pour moi vient totalement dans la continuité de l’école 42 !!! Et oui, j’en suis convaincu.

Imaginez, l’école Hectar prévoit 2000 stagiaire / an. Si on reprend la stat de 40% plus haut. Soit 800 anciens informaticiens, néoruraux, qui vont devenir exploitant agricole (dans un domaine ou dans un autre).

Quelques chiffres en vrac, qui ne sont là que pour une idée de tendance sur la révolution à venir.

D’ici 5 ans, en France, 160 000 exploitations vont être transmises (vendues, transmises par héritage ou absorbées par d’autres exploitations), en moyenne 32000/ an. Si vous avez 800 néoruraux (anciens informaticiens) qui viennent remplacer ces départs. Je vous laisse imaginer la transformation sociale dans les campagnes.

Alors oui bravo au projet Hectar. Quelle révolution s’annonce !!!!

Bzzzzzzzzz

Elles sont belles mes abeilles

Bzzzzzzzz à toutes et à tous !

Je recherche des gens de la Tech avec des projets de Mix Tech/Agri pour discuter et faire des partages d’expériences ! N’hésitez pas à me contacter 👌

Gwenael Kerneur

Digital Headhunter Freelance

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Auteur Gwenael Kerneur

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