On aurait pu penser que la tendance DevOps n’était qu’une transition, portée par le Move2Cloud en particulier. Les fournisseurs Cloud, le PaaS, ou le Serverless devaient remplacer tous nos ingénieurs infra et plateforme. Et seuls les devs seraient restés irremplaçables.
Cela ne se passe pas comme ça. Le DevOps redevient une tendance de premier plan en 2026.
Si les Devs ne sont pas encore remplacés par des IAs, ils utilisent maintenant leurs agents pour produire du code. C’est efficace mais imprévisible comme s’il y avait une armée de stagiaires cachés sous le capot de leurs claviers.
Dans ce monde probabiliste, le dernier rempart déterministe semble être les DevOps, SRE et les équipes infrastructure.
Cependant, l’IA seule ne suffit pas à expliquer le poids qui repose sur leurs épaules d’Atlas cyberpunk.
Pourquoi le DevOps est encore le principal chantier en 2026 ? On vous répond avec les trois grandes tendances qui font rentrer le mouvement DevOps dans l’âge de maturité, à marche forcée.
L’utilisation de l’IA par les développeurs augmente la surface de changement. Si les process ou le pipeline CI/CD n’était pas assez robuste, ça casse.
C’est la conclusion de l’étude DORA 2025 qui portait en particulier sur l’utilisation de l’IA par les développeurs.
Et le sujet ce n’est pas que l’IA produit du code de moins bonne qualité. Au contraire, il y a une amélioration de la qualité du code et de la documentation. Et même une baisse de la complexité du code. Que des bonnes nouvelles.
Le monde du DevOps c’est aussi beaucoup d’éditeurs d’outils. Et comme tous les éditeurs de logiciels, ils veulent devenir AI-Native (en anglais). Du coup ils intègrent des fonctionnalité avec de l’IA dans tous les sens. Les effets d’annonces sont très auto-magiques.
Un des gadgets à la mode c’est d’avoir un agent qui est déclenché dès que le système d’observabilité détecte un incident. Il va gentiment vibecoder un “hotfix” et vous proposer une Pull-Request pour corriger la production.
Le même docteur robotisé va remarquer que les tests sont instables. Pas de soucis, il va demander à Claude-cli de les rendre stables. La dernière fois que j’ai fait ça, il a mocké tout mon code. Pendant plusieurs semaines mes tests étaient au vert, mais mon vrai code n’était pas testé.
La Cerise sur le pipeline serait LLM-as-a-judge. On va demander à un LLM de vérifier la conformité du projet, auditer que les ports inappropriés ne sont pas exposés etc…
L’inquiétude de la communauté c’est d’aboutir à workflow qui serait ni idempotent, ni déterministe.
Tout le monde est d’accord que les humains peuvent être plus productifs grâce aux LLMs. Mais le consensus aujourd’hui valorise le cadre déterministe.
Les chercheurs derrière DORA ont lancé une plateforme qui s’appelle GetDX.
La première mouture a permis d’adopter des indicateurs sur la qualité du déploiement : lead time, taux d’échec des changements, MTTR.
La Developer Experience c’est mesurer la productivité des développeurs. Du moment où tu ouvres le ticket JIRA à la minute où la feature est en production. On va mesurer toutes les étapes du cycle de vie logiciel.
Le flow du développeur devient un souci. Est-ce que tu arrives à coder 30 minutes sans être interrompu par une notification Slack ? Ton IDE va remonter la métrique. Toutes les 5 minutes tu perds plusieurs minutes avec un build Gradle ? Ça va devenir rouge très vite sur le tableau de bord DX.
Alors oui, il y a des développeurs qui ont l’impression de se faire fliquer par les DevOps. Les agents DX peuvent donner une granularité qui fait envie à la NSA. Pourquoi tu n’as pas le flow plus de 45 minutes ? Soit c’est un problème de concentration, soit c’est un problème de performance. Qui doit partir en premier ? Le dev avec la plus faible cadence.
Mais la vérité c’est que les CI/CD n’arrivaient pas à suivre la cadence des devs. Parce que les DevOps ont devant eux une chaîne d’outils assez complexe. Et il suffit qu’un seul endroit devienne un goulot d’étranglement pour tout arrêter.
La vérité c’est aussi que les Devs sont parfois noyés par les SLO et SLA. Les équipes “You build it you run it” passent parfois plus de temps sur Terraform, Kubernetes et toute la panoplie que sur leur IDE. C’est ça que DX doit corriger. Et malgré tous ses outils, on met encore des bugs en prods ? On va faire une double review systématique. Avec une notification desktop qui te prévient dès qu’une PR attend. Super pour tuer le flow.
Sans indicateurs DX, on empile des process kafkaïens qui rassurent sans preuve d’impact sur la qualité et la productivité.
Dans ce nouveau monde, il faut des chemins balisés pour tout. Golden Path c’est le mot-clé pour désigner un moyen de mettre en production standardisé. Plus besoin de réinventer l’infrastructure à chaque fois.
Et surtout pas besoin de se battre 2 semaines avec des permissions AWS pour mettre une application en production pour la première fois. Il doit y avoir un chemin direct et clairement indiqué.
La tendance se concrétise sous la forme d’Internal Developer Platform. Provisionnement d’environnement, avec observabilité et conformité clé en main. Les devs ne touchent plus à la plomberie. Ils consomment un produit interne. Gartner indique que d’ici à fin 2026, 80% des entreprises auront une plateforme interne pour masquer la complexité derrière un pipeline unifié.
En 2026, être prêt à replatformer pour sortir d’un hyperscaler n’est plus marginal. Et c’est un job que les DevOps doivent gérer.
Sauf qu’ils doivent gérer en plus la conformité. Parce que DevSecOps c’est un job que le DevOps vont faire aussi. Dans les 3 tendances pour 2026, on vous parlait des SBOM et des “Supply Chain Attack”. Et c’est toujours le sujet ici. Maintenant la CI doit aussi rendre auditable toute la chaine logistique du logiciel.
Le GreenOps n’est plus un sujet à part : il s’intègre au pipeline. Les SRE intègrent l’impact carbone dans leurs arbitrages d’architecture, au même titre que la disponibilité et le coût.
La CI intègre de son côté les audits WebPerf, accessibilité, Green. Tous ses livrables vont être produits et attachés à l’artefact de build.
Et quand la réglementation change, c’est souvent de leur ressort. Par exemple l’IA Act demande de maintenir des logs pour vérifier l’évolution des biais. C’est l’observabilité qui va s’en occuper.
L’UE veut aussi énormément de documentation sur la gestion des données de ses citoyens ? Et bien c’est la CI qui va la produire et la mettre à jour.
Tout ça pousse à l’industrialisation. On ne veut plus produire du logiciel vite, mais du logiciel résilient et traçable. C’est encore de l’outillage à installer et maintenir pour les DevOps.
Il y a 10 ans, on pouvait encore dire “À quoi ça sert de livrer autant, en continu, de manière automatisée”. Et puis l’adoption du Cloud a montré que c’était nécessaire face à la complexité des plateformes.
Et encore, on appelait les DevOps une fois l’application développée pour savoir comment les mettre en production. On parlait de MCO comme d’un soldat de second rang à côté de la TMA.
Aujourd’hui c’est la production de code qui devient une commodité et les DevOps sont au coeur du réacteur. La pipeline devient le point d’intégration des contraintes modernes : stabilité, traçabilité, conformité, portabilité, et même l’expérience des développeurs.
Finalement c’est le mouvement DevOps qui fait entrer le monde du logiciel dans l’âge industriel. Et c’est une bonne nouvelle !
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