Bonne année ! Aujourd’hui, on explore les tendances tech 2026 qui vont impacter le métier des développeurs pour les cinq prochaines années.
Pourquoi cinq ans ? Parce que notre industrie a traversé deux années de crise qui ont bousculé toutes les certitudes : ralentissement des embauches, budgets sous pression, nouvelles contraintes techniques… On n’est pas simplement dans un “cycle bas”. On est au bord d’une falaise, et personne ne sait encore de quel côté le secteur va retomber.
Dans ce contexte, il est raisonnable de penser que 2030 ne ressemblera pas du tout à 2025. J’ai donc tenté d’identifier trois tendances tech 2026 qui sont encore marginales aujourd’hui, mais qui pourraient transformer notre quotidien demain.
Elles ne se réaliseront peut-être pas toutes. Probablement qu’il est impossible qu’elles se réalisent toutes en même temps.
Mais si l’une d’elles se produit, elle suffira déjà à changer profondément la façon dont on travaille.
L’IA va créer une fracture entre les devs qui coûtent cher et ceux qui coûtent juste.
Aujourd’hui, tout le monde ne vibecode pas dans les mêmes conditions.
Certains utilisent Claude Code ou Sonnet 4.5 avec les crédits de l’entreprise. D’autres n’ont pas cette chance : pas de modèle interne, pas d’autorisation de sortir du code sensible. Parfois même pas de budget pour un outil payant.
Je m’en suis rendu compte le jour où GitHub Copilot m’a affiché le message “crédits épuisés”. Les modèles gratuits fonctionnent… mais beaucoup moins bien. Là où Sonnet 4.5 peut travailler vingt minutes sans m’interrompre si le brief est propre, un modèle gratuit va me demander quinze à vingt interactions supplémentaires pour arriver au même résultat.
Des éditeurs comme Poolside apportent des solutions qui se déploient directement sur l’infrastructure du client. Bref, il n’y a pas de doutes, dans 5 ans on aura tous un agent ou plusieurs qui travaillent avec nous.
Le coût d’inférence va exploser.
Le Wall Street Journal et Bloomberg rapportent que Sam Altman cherche à réunir entre 5 et 7 trillions de dollars pour repenser toute la chaîne informatique, du modèle fondation aux fondeurs, jusqu’à la conception de nouveaux processeurs. Et cet investissement serait concentré sur cinq ans.
Autrement dit, on parle d’un montant cinquante à cent fois supérieur à ce que les GAFAM ont investi pour construire les trois hyperscalers actuels : AWS, Azure et GCP..
Sauf qu’OpenAI fait 10 fois moins de revenus qu’AWS. 13 milliards de dollars contre un peu moins de 100.
Google, Anthropic et OpenAI se livrent une guerre commerciale, et quand on paye nos appels APIs, on paie un dixième de ce que ça a coûté aux éditeurs. Ils n’ont pas le temps d’amortir l’entrainement de leur dernier modèle que leur concurrent en a sorti un qui performe mieux.
Qui est le dev qui a brûlé tout le budget ?
Alors imaginez un monde où les requêtes coûtent quatre ou dix fois plus cher.
Dans ce contexte, un manager finira forcément par tenir un tableau des consommations dans son équipe. Sur quatre développeurs et développeuses par exemple :
- Roger : 400 euros de crédits Anthropic
- Julie : 250 euros de crédits Gemini
- Pascal : 200 euros de crédits Anthropic
- Caroline : 150 euros de crédits OpenAI
Si Pascal est aussi productif que Roger pour deux fois moins de crédits, la question se pose. Comment coder moins cher ?
Tendances tech 2026 : comment coder moins cher ?
Un développeur qui se laisse aller à produire du code “à la vibe” risque de perdre du temps et de brûler encore plus de tokens. Celui ou celle qui maîtrise son métier va plus vite et consomme moins de carburant.
Mais même un bon développeur peut gaspiller des tokens s’il ne sait pas utiliser correctement les agents IA. La compétence ne se résume plus à “bien coder”. Il faut aussi savoir travailler avec les modèles, structurer les requêtes et rester maître de la conversation.
Il faut travailler cette compétence sans se laisser abandonner à la vibe. Dès aujourd’hui, et rester vigilant comme avec le lait sur le feu.
Le DevSecOps fait partie des tendances tech 2026.
On a fait un webinar sur le sujet chez Insitoo, en live sur Linkedin, en replay sur Youtube.
Avec le Cloud et l’IA, la Cybersécurité est le troisième secteur qui continue de résister à la crise depuis 2023. Encore cette année, la France a été championne des fuites de données. Et cela explique pourquoi tout le monde investit dans la sécurité de ses systèmes informatiques.
Pour les Devs, la pipeline logiciel va adopter de nouveaux antagonistes : le SBOM, le SAST et le DAST. J’explique ces gros mots.
La menace : les attaques sur la supply chain logicielle.
De Log4J à Shai-Hulud, un ver répliquant qui a contaminé plusieurs centaines de paquets NPM, on a connu une dizaines d’attaques sur la supply chain. On peut citer `ua-parser-js`, xz-utils, `es-lint-config-prettier`, `Vidar`.
Les incidents sont tous variés, tous nouveaux. Et cela ne va pas se calmer en 2026.
Le SBOM devient une tendance phare en 2026.
Vous avez peut-être connu en industrie le BOM, le Bill of Materials : la liste des pièces nécessaires pour assembler un iPhone ou une imprimante. Le SBOM, ou Software Bill of Materials, applique exactement le même principe au logiciel.
Une étude de 2024 montrait que 51 % des entreprises n’ont toujours pas de SBOM. Pourtant, sa généralisation est actée : il devient obligatoire avec le Cyber Resilience Act à partir de 2027, et en France, l’ANSSI le mentionne dans ces guides parus en 2025.
L’enjeu, c’est la capacité à savoir ce qui se trouve dans son logiciel. C’est exactement ce que le SBOM apporte.
Les éditeurs de CI/CD comme Github proposent déjà des scanners de dépendances. Un format, le CycloneDX a l’air de s’imposer comme un standard.
Et ils déploient également des SAST et DAST. Ce sont des analyseurs de code, statique pour le premier, dynamique pour le second. Vous aviez peut-être l’habitude que Sonar Source vous dise “Your code smells”. Demain la CI va devenir une porte qui vérifie tout ce que vous poussez en production.
Le “Make or Shape” remplace le “Make or Buy” dans les tendances tech 2026.
Le “Make or Buy” est l’un des plus vieux dilemmes de l’informatique. Et je l’ai recroisé récemment.
Je voulais un outil pratique pour partager mes podcasts. Mais je n’avais pas envie de payer 10 euros par mois pour un Linktree. J’ai donc demandé à Claude de générer un linktree-like directement sur mon site. Aujourd’hui c’est déployé sur Clever Cloud. Mais si je continue comme ça, je vais finir par prendre un VPS et déployer tout mon écosystème avec Docker Compose.
Il y a quelques années, j’étais pro-serverless. Si je pouvais éviter de coder quelque chose, j’étais content. Moins de code voulait dire moins de maintenance. Aujourd’hui c’est l’inverse. Et si l’industrie évolue dans ce sens, je pense que ça va faire apparaître deux métiers.
L’intégrateur SAP devient un prompt engineer.
Aujourd’hui quand vous achetez un gros logiciel d’entreprise ou même un petit CRM en SaaS, il y a tout un travail de configuration.
Une série de champs customisés à configurer, des formulaires à concevoir pour s’adapter au workflow. Demain tout ça pourrait être généré par une IA spécialisée. Éditée par l’éditeur du logiciel que vous venez d’acheter.
Et l’intégrateur qui d’habitude passait plusieurs semaines à faire votre projet SAP sera un prompt engineer savant. Il tapera quelques trucs dans une CLI et vous demandera : “Et comme ça c’est pas mal ?”.
Si vous avez le malheur de répondre non, il fera un autre prompt qui corrige ce que vous avez demandé mais introduit un nouveau truc random.
En 2030 on a plus envie d’acheter un SAP ou un Salesforce tout fade, le même que dans chaque boîte. On achète une base d’ERP, de CRM et on “Shape” autour.
Les SaaS Builder vont devenir les Minutemen de la DSI.
Les SaaS Builder ont perdu tout leur MRR parce que les gens préfèrent vibecoder. Ça tombe bien on va les recruter en interne.
Aujourd’hui il y a déjà des entreprises qui ont adopté la tendance No-Code. On a remplacé les macros excels par des workflow visuels sur Make. Imaginer un SaaS Builder, armé de Supabase et Loveable qui vient une journée dans ton équipe pour faire évoluer le workflow basé sur n8n. À la fin de la journée, il livre un petit audit généré par ChatGPT et donne un prompt-guide pour faire évoluer l’outil.
Les Minutemen, ce sont des colons américains que le Roi d’Angleterre a formés et équipés pour qu’ils soient prêts à se défendre, en “2 minutes”. Ils ont finalement constitué la principale force de la révolution contre l’armée britannique. Et je pense que c’est ce qui va se passer dans les DSIs. On va recruter des VibeCoder en partant de gens du métier, d’anciens informaticiens. Et ils vont mener une révolution contre le Legacy.

On y voit des minutemen armés de claviers et d’ipad, avec des banderoles supabase, lovable (et pas loveable parce que l’IA s’est planté). Il y a une banderole qui illustre cette tendance tech 2026 : « Les Saas Builders : minutemen de la DSI contre le legacy ». Ils font tomber une forteresse inspirée de la bastille et on y voit une « DSI Royale » en lambeaux.
Trois tendances tech 2026 qui vont changer bien plus que la vie des développeurs.
Je vous promets pas des voitures volantes ou des casques de réalité virtuelle.
Mais oui le métier de développeur va changer. Les métiers de l’informatique vont changer et les DSIs vont se réorganiser.
Grace Hopper ne cherchait pas à créer le premier compilateur. Elle cherchait à créer un outil pour que les non-mathématiciens puissent interagir avec les ordinateurs. Depuis, les développeurs ont codé contre ces compilateurs, ses SDKs, pour construire des systèmes informatiques pour les utilisateurs.
Demain, les utilisateurs auront la capacité à créer des briques de logiciels où à les customiser eux-même. Et notre rôle en tant que développeurs et informaticiens ne va pas disparaître. Mais il va changer.
On sera les garants d’un système redondé, avec une seule source de vérité. Et au lieu de donner du poisson à nos utilisateurs, on leur apprendra à pêcher par eux-même.
Si c’est la fin de la “Citadelle de l’IT”, vous m’en verrez le premier heureux 🙏




